Avertissement

L'ensemble de ces définitions et indications sont données à titre indicatif,
et ne peuvent ni ne doivent remplacer une consultation médicale
Auteur : C. HERTOGH

[mise à jour 05/11/2003]

 
Bibliographie :


DÉFINITIONS

Claquage : c'est une élongation des fibres musculaires (tendineuses) pouvant aller jusqu'à la déchirure totale (complète) de celles-ci, accompagnée d'un oedème (saignement) et de douleur. L'échauffement avant l'activité physique et sportive est une pratique qui en diminue les risques. Avant toute rééducation qui fait suite à un claquage, le repos est nécessaire.
Une rééducation trop précose, trop intense, sur des tendons encore fragiles, peut entraîner l'allongement de celui-ci (cas du tendon d'Achille par ex.) et donc diminuer l'amplitude du mouvement lors de la contraction musculaire. 

Entorse : c'est un étirement ou une déchirure (entorse grave) des ligaments. Elle est généralement déclenchée par la torsion des pièces osseuses entre lesquels les ligaments sont tendus. L'articulation la plus sujette aux entorses est la cheville. Elle est souvent responsable d'un oedème douloureux (ex.: "oeuf de pigeon" sur le coup-de-pied) que la mobilisation accentue. Elle nécessite une radiographie et peut entraîner une immobilisation durant des périodes variant de 3 à 6 semaines. La rééducation proprioceptive est souvent employée pour augmenter la stabilité de l'articulation (ex.: de la cheville).
L'entorse grave peut être synonyme d'arrachement d'un ligament et même de fragments osseux auxquels il se rattachait.

Arthrose : elle est caractérisée par une dégénérescence et/ou une altération du cartilage articulaire pouvant aller jusqu'à la destruction progressive de celui-ci, suite à des efforts ou des contraintes auxquels le cartilage est soumis. Elle entraîne lentement mais sûrement douleur et raideur de l'articulation et à terme une destruction articulaire grave associée à une ou des incapacités fonctionnelles. L'arthrose du genou est l'une des localisations les plus fréquente suivie de celle de la hanche surtout chez la personne âgée.
Les différents mécanismes qui sont principalement la cause des altérations du cartilage sont :

Son traitement comporte une action sur les facteurs d'aggravation (régime alimentaire si surcharge pondérale, aménagement de la vie quotidienne si surcharge fonctionnelle...) ou bien un traitement symptomatique : antalgiques (rééducation et mesures d'économie articulaire) qui peut aller, en cas d'aggravation, jusqu'au repos strict prolongé (voir en cas de forme évoluée : chirurgie et/ou prothèses).

 Prothèse orthopédique de hanche (Cf. iconographie) : elle a pour fonction de remplacer une articulation (parfois un membre dans son ensemble). Dans cet exemple, la prothèse interne de hanche a pour but de remplacer l'articulation coxo-fémorale détruite en partie ou en totalité afin d'en recréer la mobilité. On parle de prothèse totale si les deux surfaces articulaires sont remplacées. Une prothèse peut être faite en titane, en acier, mais de plus en plus en céramique ou en polyéthylène.
 
 


LES PRINCIPALES LÉSIONS DU SPORTIF
Cette liste n'est, bien sûr, pas exhaustive mais elle regroupe quelques-uns des traumatismes qui peuvent survenir durant
la carrière des sportifs ou des étudiants en STAPS

ÉPAULE : Si la luxation est l'une des traumatologies sportives les plus fréquentes de l'épaule, la seconde est l'inflammation voir la rupture des ligaments des muscles de la coiffe des rotateurs = épaule douloureuse par conflit.
L'épyphyse proximale de l'humérus est située en dessous d'une voûte formée par l'acromion en ARR, l'articulation acromio-claviculaire et le ligament acromio-coracoïdien en HAUT, et l'apophyse coracoïde en AV. Cet espace est occupé par les tendons des muscles (adducteurs et rotateurs internes du bras) de la coiffe des rotateurs et deux bourses séreuses qui assurent les glissements réguliers. C'est l'élévation répétée de l'humérus qui peut être la cause de conflits :

Evolution des conflits sous-acromio-coracoïdiens

  • (Adapté d'après R.-G. DANOWSKI, J.-C. CHANUSSOT Traumatologie du sport. Éd. Masson)

Stade initial

Stade intermédiaire

Stade final

C.A.S.

Bursite sous acromio-deltoïdienne

Tendinite, calcifications sus-épineux, sous-épineux, petit rond, longue portion du biceps

C.A.I.

Bursite sous-coracoïdienne

Tendinite, calcification sous scapulaire

Signes

Signes de conflit : c'est à dire douleur en compression
Signes de conflits (+ ou -)
douleur (+ ou -)
Signes de conflits (+ ou -), force (-), douleur (+ ou -)

Terrain

Avant 25 ans
De 25 à 40 ans
Après 40 ans

Sportifs utilisant préférentiellement leurs membres supérieurs avec violence et répétition
(smash au volley-ball, sport de raquette, handball...)

Traitement

Repos : 1 à 3 semaines, anti-inflammatoire

Physiothérapie, rééducation : manoeuvre de dégagement
Identique avec si besoin chirurgie : résection du ligament acromio-coracoïdien
Identique avec si besoin acromio-plastie, coraco-plastie, réfection de la coiffe

Si intervention : pas de reprise avant 3 à 6 mois

Évolution

Evolution vers le stade intermédiaire
Evolution vers le stade final
Vers arthrose gléno-humérale

SCAPHOÏDE : La fracture du scaphoïde est une des plus fâcheuse traumatologie du carpe du sportif. Elle se produit généralement lors de chute arrière (car le coude est souvent bloqué en extension) avec la main en opposition (hyperextension) : la face inférieure du radius (surface articulaire carpienne) joue le rôle d'un marteau sur le scaphoïde.
Sa palpation, au fond de la tabatière anatomique en devient alors très douloureuse. La pression ou la traction sur l'axe de la colonne du pouce, voire de l'index, devient elle aussi douloureuse.
C'est une fracture qui se cicatrise souvent mal et entraîne régulièrement une diminution des amplitudes articulaire (flexion/extension peut diminuer de 40°) du poignet. C'est une fracture qui, mal soignée, mal immobilisée, vieillit mal et peut se compliquer en pseudoarthose.
Après un choc, en cas de doute, faire toujours une radiographie. Dans le cas d'une fracture, elle sera suivie d'une immobilisation fixant la main en position de "prise de verre" (pouce en abduction, poignet en rectitude), le plâtre doit au départ dépasser le coude (le fixant à 90°) pour empêcher la prono-supination.
L'immobilisation plâtrée dure généralement 6 semaines avec le coude bloqué, puis jusqu'au 3ième mois avec le coude libre.

GENOU :
Ménisques : les lésions d'une ou des deux lames de cartilage situées entre les surfaces articulaires du genou sont sujettes à de nombreux traumatismes sportifs qui peuvent aller d'un détachement de l'insertion jusqu'à la fissure complète...
Le liquide synovial intra-articulaire qui les nourrit n'a pas tendance à permettre de cicatrisation spontanée.
Au début, seule une gêne apparaît, puis le genou se coince entraînant une vive douleur qui nécessite l'intervention chirurgicale.
Ligaments croisés :
La rupture du ligament croisé antéro-externe se caractérise par un phénomène de "tiroir" (c'est à dire du "jeu" dans l'articulation) vers l'AV (Cf. a), celle du ligament croisé postéro-interne par un "tiroir" vers l'ARR (Cf. b).

Tiroir = jeu articulaire



TENDON D'ACHILLE : l'un des accident les plus fréquents de la cheville du sportif est sans conteste l'entorse généralement des ligaments du coup de pied. Mais il en existe une autre, plus grave, qui touche le tendon terminal du triceps sural (jumeaux + soléaire) : c'est la rupture du tendon d'achille. Rare avant la trentaine d'année, elle peut survenir lors de la reprise d'une activité sans echauffement préalable siffisant. Lorsqu'elle est totale, elle interdit la pratique sportive pendant près d'une année.
C'est un risque accentué chez les personnes brévilignes hypermusclées que le port de talon haut augmente chez la femme.
 











LA COLONNE VERTÉBRALE

Pathologie : Hernie discale : C'est une saillie anormale d'un disque intervertébral, généralement au niveau lombaire, suite à des contraintes répétées exercées sur le disque (soulèvement de lourdes charges, posture, faux-mouvement...). Ce dernier peut sortir en partie de son logement habituel (le nucléus pulposus migre vers l'arrière) et venir comprimer une racine nerveuse en créant des douleurs importantes pouvant se propager dans la fesse et jusqu'à l'extrémité du membre inférieur (cas de la sciatique). Traitement : prise d'anti-inflammatoires et d'antalgiques (parfois l'immobilisation est nécessaire).

Dans le plan sagittal :

Dans le plan horizontal :












LES STRAPPING
(Bandage d'immobilisation articulaire)

Cheville

Poignet
Pouce
Coude
Genou














BAROTRAUMATISME DE L'OREILLE
(Lésion due à la variation brusque de pression. Exemple de la plongée sous-marine en apnée)

L'oreille est l'organe de l'audition & de l'équilibre.

Plus de pression ou Moins de pression

L'oreille externe [a] : le pavillon [1] guide les sons vers le conduit auditif externe [2] L'oreille externe et l'oreille moyenne permettent la captation et la conduction des ondes sonores
L'oreille moyenne [b] : le tympan [3], le marteau  (ou malleus) [4], l'enclume (ou incus) [5], l'étrier [6] et la trompe d'Eustache (vers l'ARR gorge) [7]
L'oreille interne [c] : les 3 canaux semi-circulaires [8], la cochlée [9] et le vestibule [10]   L'oreille interne, dans l'os temporal, analyse les sons qu'elle transmet au cerveau par le nerf auditif (nerf crânien n°VIII).

L'élévation de la pression extérieure comprime les parties remplies d'air de l'organisme : poumons, sinus et entre autre l'oreille moyenne (Cf. schéma). La pression interne aquatique grandissant avec la profondeur (1 bar/10m) entraîne une inclinaison du tympan [3] vers l'intérieur : c'est cette incurvation qui est responsable de la douleur. Afin d'éviter celle-ci ; il faut augmenter la pression à l'intérieur de l'oreille. Ceci est rendu possible par la manœuvre dite de "Vassalva" qui consiste à faire parvenir de l'air des poumons dans la caisse de résonance du tympan.
C'est en expirant bouche fermée et nez pincé que de l'air peut parvenir à l'oreille moyenne par la trompe d'Eustache [7].
La trompe d'Eustache est un conduit percé dans le rocher du temporal, c'est donc au départ un conduit osseux. Ce conduit est tapissé d'une muqueuse qui, comme pour le nez ou les sinus, est sujet aux inflammations et peut voir son épaisseur augmenter ce qui entraîne une obstruction du conduit rendant difficile, voir impossible, toute manœuvre de compensation de pression (il est difficile de descendre profond en apnée avec un rhume ou toute autre inflammation des voix respiratoires). L'équilibre des pressions au niveau de l'oreille entre le milieu ambiant et le milieu interne s'effectue normalement plusieurs fois par heure. Qui n'a pas ressenti d'un coup une équilibration de l'oreille (accompagnée souvent d'un sifflement) en avion lors de l'atterrissage ?
C'est lorsqu'il est difficile d'équilibrer la pression que peuvent survenir les accidents de plongée. En effet lors de la descente en apnée certains sportifs ont tendance à forcer la manœuvre de Vassalva. C'est à dire qu'au fond de l'eau les pressions finissent par s'équilibrer et lors de la remontée l'oreille moyenne possède une pression supérieure à celle de la surface entraînant donc par effet inverse une convexité du tympan vers l'extérieur . Si la différence de pression est trop importante, elle entraîne de vive douleur pouvant aller jusqu'au décollement, à l'arrachement du tympan. Si ce traumatisme à lieu sous l'eau, il s'en suit de gros risques de la part du plongeur ; en effet l'eau pénétrant dans l'oreille affecte l'oreille interne qui est le siège de l'audition mais aussi celui de l'équilibration. On comprend aisément les risques qu'encourt un plongeur en apnée, qui ne pourrait s'équilibrer et donc s'orienter sous l'eau.